La CGLQ à l'ONU : statut ECOSOC et défense des droits LGBT internationaux
En bref : Le 24 juillet 2007, la CGLQ a obtenu le statut d'organisme consultatif auprès de l'ECOSOC (Conseil économique et social) des Nations Unies. Cette accréditation fait de la CGLQ la seule ONG LGBT québécoise disposant d'un droit d'observateur et de rapporteur à l'ONU. Ce statut permet à la CGLQ de signaler les discriminations, violences et inégalités subies par les personnes LGBT auprès des instances internationales.
La démarche d'accréditation
La CGLQ fut choisie, de même que neuf autres organisations, pour déposer une demande d'accréditation auprès de l'ECOSOC, le Conseil économique et social de l'ONU, à titre d'organisme consultatif. Cette démarche s'inscrit dans une perspective internationale d'inclusion de l'orientation sexuelle comme un droit humain, selon l'ONU. Elle vise également à contribuer à le mondialiser. Rappelons néanmoins qu'une dizaine de pays condamnent encore à la peine de mort les personnes homosexuelles et qu'environ 80 États criminalisent ces personnes.
Parmi les dix organisations choisies, seulement cinq organisations furent en mesure de déposer leur demande, dont la CGLQ. Nous ne ferons pas ici la nomenclature détaillée des nombreuses embûches que certains États membres du Conseil ont mises aux différentes organisations LGBT ayant soumis leur candidature, tout cela pour s'assurer que l'orientation sexuelle ne devienne pas un sujet de discussion aux Nations Unies.
Nous nous contenterons de dire que le comité nous faisait parvenir des questions très spécifiques et très complexes en nous laissant très peu de temps pour y répondre. Certains États membres ont fait des liens inadmissibles entre l'homosexualité et la pédophilie. Et ce n'est qu'un exemple du traitement que les organisations non gouvernementales (ONG) LGBT ont reçu.
La saga de ces demandes était vraiment très particulière. Nous pouvons notamment dire que les demandes de deux organisations, dont celle de l'ILGA, ont été refusées sans audition, alors que, des trois autres demandes LGBT, seule la CGLQ a été en mesure d'être entendue par le comité. Cette audition a eu lieu au début du mois de mai 2006, dans un climat tout aussi particulier.
Nous tenons ici à remercier vivement la délégation du Canada à l'ONU pour son appui indéfectible, tout au long du processus.
L'obtention du statut
En plus de contribuer à l'avancement des droits humains, ces démarches et auditions auront contribué à projeter la CGLQ encore plus à l'avant, en tant que leader international pour la lutte des droits des personnes LGBT : un atout essentiel pour contribuer à faire autrement de l'éducation au mieux vivre-ensemble.
Le 24 juillet 2007, la CGLQ a obtenu cette accréditation et elle est maintenant membre du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies (ECOSOC-ONU). Ce statut positionne la CGLQ comme la seule ONG LGBT québécoise disposant d'un droit d'observateur et de rapporteur auprès des assemblées de l'ECOSOC-ONU.
Pour en savoir plus sur l'ECOSOC des Nations Unies, consultez le site officiel :
http://www.un.org/french/ecosoc/
L'importance de cette accréditation en 2026
Près de vingt ans après l'obtention de son statut consultatif, l'accréditation de la CGLQ auprès de l'ECOSOC demeure plus cruciale que jamais. Le paysage mondial des droits des personnes LGBT reste profondément inégal et, dans de nombreuses régions du monde, la situation s'est même dégradée.
En 2026, environ 80 pays criminalisent encore l'homosexualité, et une dizaine d'entre eux prévoient la peine de mort comme sanction. Dans ce contexte, la présence d'un organisme québécois accrédité auprès des Nations Unies constitue un levier essentiel pour porter la voix des personnes LGBT à l'échelle internationale.
Grâce à ce statut, la CGLQ peut :
- Signaler les cas de discrimination, de violence et d'inégalité subis par les personnes LGBT auprès des instances onusiennes et d'autres grandes institutions internationales
- Soumettre des rapports et des témoignages aux organes spécialisés de l'ONU sur la situation des droits humains liés à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre
- Participer aux sessions de l'ECOSOC et contribuer aux débats sur les politiques sociales et économiques affectant les communautés LGBT
- Collaborer avec un réseau mondial d'organisations engagées dans la défense des droits LGBT, notamment l'ILGA et Amnistie Internationale
- Mobiliser l'expertise de chercheurs et d'intervenants québécois, canadiens et internationaux pour alimenter le plaidoyer aux Nations Unies
L'expérience québécoise et canadienne en matière de droits LGBT, avec des avancées législatives significatives telles que le mariage entre personnes de même sexe et les protections constitutionnelles contre la discrimination, représente un modèle précieux que la CGLQ peut partager avec la communauté internationale. Cette connexion entre l'expertise locale et le plaidoyer mondial est au cœur de la mission de la CGLQ à l'ONU.
La CGLQ et la communauté internationale en 2026
En 2026, le rôle de la Coalition gaie et lesbienne du Québec sur la scène internationale revêt une importance stratégique accrue. Le contexte géopolitique mondial a considérablement évolué depuis l'obtention du statut ECOSOC en 2007, et les défis auxquels font face les personnes LGBT à travers le monde se sont diversifiés et, dans certaines régions, intensifiés.
La montée des mouvements conservateurs et populistes dans plusieurs pays a entraîné un recul des droits acquis pour les personnes LGBT. En Afrique subsaharienne, de nouvelles lois criminalisant l'homosexualité ont été adoptées ou renforcées. En Europe de l'Est, la Russie a désigné en 2023 le « mouvement international LGBT » comme organisation « extrémiste ». Au Moyen-Orient, la situation reste précaire pour les personnes LGBT, où plusieurs pays maintiennent la peine de mort. Face à ces réalités, la CGLQ utilise son accès privilégié aux instances onusiennes pour documenter et dénoncer ces violations systématiques des droits humains.
La CGLQ participe activement aux mécanismes de l'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, contribuant aux rapports et recommandations sur la situation LGBT internationale. Elle collabore avec un réseau élargi d'organisations partenaires, incluant l'ILGA, Amnistie Internationale et Human Rights Watch, pour coordonner des campagnes de plaidoyer auprès des délégations nationales à l'ONU.
Par ailleurs, la CGLQ met à profit l'expertise québécoise pour accompagner les pays en processus de décriminalisation de l'homosexualité. Le modèle québécois, avec sa Charte des droits et libertés de la personne qui inclut l'orientation sexuelle depuis 1977, et les avancées législatives comme la Loi 32 et le mariage entre personnes de même sexe, constitue une référence internationale. La coalition organise également des ateliers et conférences dans le cadre des forums onusiens pour partager les bonnes pratiques québécoises et canadiennes en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie.
L'année 2026 marque près de 20 ans de présence continue de la CGLQ à l'ECOSOC. Cette longévité institutionnelle confère à l'organisme une crédibilité et une expertise reconnues par les délégations nationales et les autres ONG accréditées. La CGLQ demeure déterminée à poursuivre cette mission essentielle tant que des personnes seront persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Pages connexes
Historique
Découvrez l'historique complet de la démarche de la CGLQ auprès des Nations Unies et les étapes clés de l'obtention du statut ECOSOC.
Consulter l'historique →Communiqué de presse
Lisez le communiqué de presse officiel annoncçant l'obtention du statut d'observateur auprès de l'ECOSOC-ONU par la CGLQ.
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Questions fréquentes sur la CGLQ à l'ONU
Qu'est-ce que l'ECOSOC des Nations Unies ?
L'ECOSOC (Conseil économique et social) est l'un des six organes principaux de l'Organisation des Nations Unies. Il coordonne les travaux économiques et sociaux de l'ONU et sert de forum pour les questions internationales de développement économique, social et environnemental. Les ONG accréditées auprès de l'ECOSOC peuvent participer aux débats et soumettre des rapports.
Pourquoi la CGLQ a-t-elle demandé le statut d'observateur à l'ONU ?
La CGLQ a demandé le statut d'observateur pour inscrire la défense des droits des personnes LGBT dans une perspective internationale. Cette accréditation permet de signaler les discriminations, violences et inégalités vécues par les personnes LGBT auprès des instances onusiennes et de contribuer à ce que l'orientation sexuelle soit reconnue comme un droit humain fondamental.
Quand la CGLQ a-t-elle obtenu son accréditation ECOSOC ?
La CGLQ a obtenu son accréditation auprès de l'ECOSOC le 24 juillet 2007, après un processus de candidature et d'audition qui a débuté plusieurs années auparavant. L'audition de la CGLQ par le comité a eu lieu en mai 2006.
La CGLQ est-elle la seule ONG LGBT québécoise accréditée à l'ONU ?
Oui, la CGLQ est la seule et unique ONG LGBT québécoise à disposer du statut d'observateur et de rapporteur auprès de l'ECOSOC des Nations Unies. Ce privilège lui confère une position unique pour représenter les réalités et problématiques des personnes LGBT du Québec et du Canada sur la scène internationale.
Combien de pays criminalisent encore l'homosexualité dans le monde ?
En 2026, environ 80 pays criminalisent encore l'homosexualité et une dizaine d'entre eux prévoient la peine de mort comme sanction. C'est pour cette raison que le statut de la CGLQ auprès de l'ECOSOC-ONU demeure essentiel : il permet de porter ces réalités à l'attention de la communauté internationale et de plaider pour la décriminalisation universelle.